Communiqué intersyndical du 17 décembre

 Nous, occupants* de la Bourse du travail de Lille,

condamnons l’odieux chantage du Préfet de Région 59/62

Dans un courrier adressé aux organisations syndicales de la bourse du travail le 16 décembre 2013, cinquante jours après avoir expulsé les 120 Rroms du parking P4 de Lille 1 sans avoir proposé de solutions de relogement, le Préfet de région procède à un inacceptable chantage.

Il propose l’accueil en hébergement d’urgence des « personnes vulnérables » réfugiées à la Bourse du Travail de Lille le temps de la période hivernale à l’unique condition du départ des autres Rroms présents dans le bâtiment.

Alors, que la loi (Code de l’Action Sociale et des Familles) pose le principe de l’accueil immédiat et inconditionnel des personnes sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale, la proposition du préfet est assortie d’une condition inhumaine et contraire à ce principe.

Le préfet, dès lors qu’il reconnaît la vulnérabilité des personnes, se doit de prendre les mesures indispensables pour les mettre en sécurité.

De plus, le Préfet fixe un ultimatum de 48h aux organisations syndicales pour répondre à ce chantage.

Cette alternative de mise à l’abri concerne 52 personnes. Elle avait été établie par la Direction Départementale de la Cohésion Sociale dès le 21 novembre dernier. Mais sa validation était sans cesse reportée par le Préfet.

Le courrier du lundi 16 décembre fait donc clairement suite à une rencontre avec Mesdames Aubry et Duflot le jeudi 12 décembre dernier à Lille et démontre ainsi, une fois encore, que les intérêts électoralistes locaux prédominent dans cette situation.

Les élus locaux de la métropole Lilloise et de la communauté urbaine de Lille sont responsables de cette situation car ils pourraient facilement se répartir l’accueil des populations Rroms, plutôt que de les rejeter systématiquement.

Le quota de 1500 Rroms admis à habiter dans la métropole Lilloise (non atteint à ce jour car seuls 1200 Rroms sont accueillis) empêche toute solution de logement ou d’hébergement et favorise les nombreuses évacuations.

Nous, occupants* de la Bourse du Travail, afin de trouver une issue à cette situation sanitaire et sociale inhumaine, acceptons la mise en sécurité pour la période hivernale des 52 personnes les plus fragiles dans le cadre des propositions arrêtées par la DDCS ; cependant nous refusons de mettre dehors les familles Rroms qui ne bénéficient d’aucune solution, et qui, elles aussi, ont des enfants en bas âge ou à naître. Il est inadmissible de les condamner une fois encore à l’errance.

Nous proposons au Préfet d’ouvrir de nouvelles négociations autour de l’opportunité de restituer les caravanes aux familles exclues du dispositif et de mettre à leur disposition un terrain viabilisé dans un cadre légal où elles pourront s’établir sans courir le risque d’être exposées à des évacuations.

* les organisations syndicales CGT, FSU, SOLIDAIRES                                    A Lille, le 17 décembre 2013.

Le communiqué intersyndical du 17 12 13 en pdf

Accès au courrier du préfet par cet article →

Advertisements
Cet article a été publié dans Communiqués syndicaux, Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s