Depuis 10 jours, les Roms expulsés de Lille 1 battent le pavé

Article de « Croix du Nord »

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Ils se sont retrouvés embarqués dans cette histoire un peu par hasard. Lorsque, dans la nuit du 28 octobre, les familles ont frappé à la porte de leurs locaux. De cette rencontre inattendue entre 120 expulsés et des responsables régionaux de syndicats de salariés est né quelque chose de neuf : la prise de parole des Roms eux-mêmes dans l’espace public.

«So-so-so-Solidarité!», «J’y suis, j’y reste, je ne partirai pas!» Des slogans, en français, qui ont retenti à quatre reprises dans les rues de Lille en une semaine. Les Roms expulsés du parking P4 du campus de l’université Lille 1 de Villeneuve d’Ascq et leurs soutiens: amis, syndicats, collectif solidarité Roms, ont donné de la voix pour réclamer des solutions d’hébergement.

On pourrait imaginer les syndicalistes donnant des instructions à des hommes, des femmes et des enfants qui ne sauraient pas bien ce qu’ils sont en train de faire. «Ils nous ont pris les tracts et les drapeaux des mains», assure Olivier Pira, de l’Union syndicale Solidaires Nord-Pas-de-Calais. Résultat, même si les membres de l’intersyndicale CGT, FSU, Solidaires leur délivrent quelques conseils, ce sont les familles roms qui distribuent les tracts aux passants en ce 31 octobre, qui prennent la tête d’un petit cortège qui se masse devant la préfecture, qui manient les sifflets, agitent les drapeaux, vêtus de parkas «Lille 2004».

Respect des droits

«Ils nous ont jetés dehors comme des chiens et non comme des personnes, estime Ana Sainea, 29 ans, en France depuis 2009. Nos caravanes ont été mises à la fourrière avec nos affaires, qu’on n’a pas eu le temps de récupérer. Mes enfants sont scolarisés, je parle français. Depuis deux ans, on parle. Aujourd’hui, on a envie de se battre pour faire respecter nos droits.»

Ana_et_Secret

La jeune femme soutient qu’elle est venue en France pour y faire sa vie, fuyant la pauvreté et le racisme envers sa communauté en Roumanie. «Nous demandons un logement et le droit de travailler. C’est la vie qui nous oblige à voler, pour nos enfants.» Seul réconfort pour Ana: le fait que les siens puissent, ici, aller à l’école.

Les familles lui demandent d’évoquer les problèmes de santé de certains expulsés. Une femme tend un certificat médical qui indique que la personne qui y est mentionnée doit faire des dialyses trois fois par semaine.

Mardi, le collectif Roms de la Bourse du travail a rédigé son propre tract qui a ensuite été traduit en français. Syndicats et familles attendaient une solution suite à la réunion du comité d’échanges départemental sur les populations de culture rom. Déception et colère étaient palpables dans les rangs. Une nouvelle réunion a été annoncée par la préfecture «dans les prochains jours».

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